Un écart de change correspond à la différence créée par l’évolution du cours d’une monnaie entre plusieurs dates comptables.
Il apparaît lorsqu’une entreprise facture, achète, encaisse, paie ou conserve de la trésorerie dans une devise différente de sa monnaie de tenue des comptes.
Une société française facture un client américain 10 000 dollars. À la date de facturation, cette somme représente 9 200 euros. Au moment du paiement, elle vaut 9 400 euros.
L’entreprise encaisse toujours 10 000 dollars, mais leur contre-valeur en euros a augmenté. Elle constate donc un gain de change de 200 euros.
Si le dollar avait baissé et que le paiement ne représentait plus que 9 000 euros, elle aurait constaté une perte de change de 200 euros.
L’écart de change ne doit pas être confondu avec les frais de conversion.
Les frais rémunèrent la banque ou le prestataire qui exécute l’opération. L’écart résulte de l’évolution du cours entre la date de comptabilisation et la date de règlement ou de conversion.
Une plateforme comme Airwallex peut afficher une marge intégrée à son taux ou des frais séparés. La comptabilité doit distinguer ces coûts de la variation monétaire proprement dite.
Les écarts peuvent être réalisés ou latents.
Un écart réalisé apparaît lorsque la créance est encaissée, la dette réglée ou les fonds effectivement convertis.
Un écart latent existe à la clôture lorsqu’une créance, une dette ou un solde en devise n’a pas encore été réglé. Sa valeur en euros doit être réévaluée à partir du cours de clôture.
Le traitement comptable et fiscal des écarts latents répond à des règles précises. L’administration fiscale indique que les créances, avoirs et dettes en monnaies étrangères sont évalués à la clôture et que la différence avec leur valeur d’origine affecte le résultat fiscal selon les règles applicables.
Pour un e-commerçant ou un SaaS international, les écarts peuvent apparaître à plusieurs étapes : vente dans la devise du client, payout de la marketplace, conservation des fonds dans un wallet puis conversion ultérieure.
La vente doit d’abord être enregistrée selon le cours retenu à sa date. Le paiement est ensuite rapproché de cette valeur. La conversion éventuelle du solde constitue encore une opération distincte.
Attendre le virement final en euros pour comptabiliser toute l’opération peut masquer les gains, les pertes et les frais réellement supportés.
Les écarts doivent aussi être suivis séparément par devise. Une position positive en dollars peut compenser économiquement une dette en dollars, alors qu’une exposition en livres sterling reste indépendante.
L’entreprise peut réduire son risque en utilisant les devises reçues pour payer des fournisseurs dans la même monnaie ou en convertissant régulièrement ses soldes.
L’écart de change n’est donc pas seulement un sujet de clôture. Il mesure l’impact financier de la politique de facturation, de paiement et de conservation des devises.



