Comment déclarer les revenus de son activité de dropshipping en 2026 ?

Le dropshipping reste, fiscalement, une activité d'achat-revente de marchandises : le dropshipper achète un produit à un fournisseur pour le revendre à un client final, même s'il ne le stocke ni ne le manipule jamais lui-même. Cette qualification détermine directement le régime fiscal applicable, les seuils à surveiller et le formulaire de déclaration à utiliser. Voici comment déclarer ses revenus de dropshipping selon le statut choisi, avec les chiffres à jour pour 2026.
Dropshipping : une activité classée en BIC vente de marchandises
Sur le plan fiscal, l'administration ne fait pas de distinction entre un e-commerçant classique qui stocke ses produits et un dropshipper qui les fait expédier directement par son fournisseur au client. Les deux relèvent de la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), dans sa branche « vente de marchandises », au même titre qu'un commerce physique. Cette qualification a une conséquence directe : les seuils et abattements applicables sont ceux de l'achat-revente, plus favorables que ceux des prestations de services, et non ceux d'une activité de conseil ou de prestation.
Le régime fiscal dépend du statut juridique choisi
En micro-entreprise
La majorité des dropshippers démarrent en micro-entreprise, ce qui place leur activité sous le régime micro-BIC. Pour les revenus 2026 à 2028, le seuil de chiffre d'affaires pour une activité de vente de marchandises est fixé à 203 100 €, très au-dessus du seuil applicable aux prestataires de services. Sous ce seuil, un abattement forfaitaire de 71 % s'applique automatiquement sur le chiffre d'affaires déclaré, censé couvrir l'ensemble des charges professionnelles : impossible, dans ce régime, de déduire ses charges réelles en plus de cet abattement.
Concrètement, un dropshipper ayant réalisé 40 000 € de chiffre d'affaires en 2026 déclare ce montant brut, sans en déduire lui-même l'abattement : c'est l'administration qui l'applique automatiquement, pour aboutir à un revenu imposable de 11 600 € (40 000 € × 29 %). La déclaration se fait via le formulaire 2042-C-PRO, dans la case dédiée aux revenus industriels et commerciaux professionnels, lors de la déclaration annuelle de revenus au printemps.
Attention à ne pas confondre ce seuil de 203 100 € avec le seuil de franchise en base de TVA, fixé à 85 000 € pour la vente de marchandises : un dropshipper peut rester en micro-BIC bien au-delà de 85 000 € de chiffre d'affaires, tout en devenant redevable de la TVA dès le dépassement de ce second seuil. Ce sont deux mécanismes distincts, l'un fiscal, l'autre relatif à la TVA, qu'il faut suivre séparément.
En société (EURL, SARL, SAS, SASU)
Au-delà d'un certain volume d'activité, beaucoup de dropshippers basculent vers une structure sociétaire, EURL, SARL, SAS ou SASU, pour bénéficier d'une responsabilité limitée et de règles fiscales plus flexibles. Ces structures relèvent par défaut de l'impôt sur les sociétés, avec un taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice et de 25 % au-delà. SARL et SASU peuvent, sous conditions, opter pour l'impôt sur le revenu pendant leurs cinq premières années.
Dans ce cadre, la déclaration ne se fait plus au niveau personnel via le 2042-C-PRO, mais au niveau de la société : une liasse fiscale annuelle doit être déposée, accompagnée du paiement de l'impôt sur les sociétés. Le dirigeant déclare ensuite séparément, à titre personnel, sa propre rémunération et d'éventuels dividendes perçus, selon les règles propres à chaque statut. C'est cette distinction, souvent source de confusion, qui explique pourquoi la déclaration ne se limite jamais à un seul document une fois la structure en société.
Que déclarer précisément ?
Ce qui doit être déclaré est le chiffre d'affaires réellement encaissé sur l'exercice, c'est-à-dire l'ensemble des sommes facturées aux clients pour la vente des produits, avant déduction du coût d'achat auprès des fournisseurs, des frais de plateforme (Shopify, WooCommerce) ou des commissions de paiement (Stripe, PayPal). En micro-entreprise, cette distinction n'a pas d'incidence puisque l'abattement forfaitaire de 71 % est censé couvrir l'ensemble de ces charges. En société, en revanche, les comptes annuels retiennent le résultat net, après déduction de toutes les charges réelles justifiées : achats de marchandises, frais de plateforme, publicité, commissions bancaires.
Que risque-t-on en cas de non-déclaration ?
L'absence de déclaration de revenus, ou une déclaration incomplète, expose à un redressement fiscal, avec majoration de l'impôt dû et intérêts de retard. Une activité de dropshipping exercée de manière régulière sans aucune déclaration ni immatriculation peut par ailleurs être requalifiée en travail dissimulé par l'URSSAF, avec des sanctions bien plus lourdes qu'une simple erreur de déclaration. Mieux vaut, dans le doute, se rapprocher d'un expert-comptable en amont plutôt que de corriger une situation après coup.
Pourquoi se faire accompagner par un expert-comptable en dropshipping ?
Le dropshipping cumule plusieurs particularités qui compliquent une déclaration en autonomie : fournisseurs souvent situés hors de France ou hors de l'UE, TVA à l'importation, flux de paiement passant par plusieurs plateformes, et arbitrage entre micro-entreprise et société qui évolue avec la croissance de l'activité. Excilio, cabinet spécialisé dans les règles applicables au e-commerce et au dropshipping, accompagne les dropshippers dans le choix du bon régime, la tenue de leur comptabilité et l'ensemble de leurs déclarations fiscales, TVA, liasse fiscale et CVAE comprises selon les cas. Contactez-nous pour faire le point sur votre situation.
FAQ
Un dropshipper doit-il déclarer ses revenus même en dessous du seuil de TVA ?
Oui. Le seuil de franchise en base de TVA (85 000 €) ne dispense en rien de la déclaration de revenus : même un chiffre d'affaires modeste doit être déclaré chaque année, en micro-entreprise comme en société.
Peut-on rester en micro-entreprise au-delà de 100 000 € de chiffre d'affaires en dropshipping ?
Oui, tant que le seuil de 203 100 € n'est pas dépassé pour une activité de vente de marchandises. Il faudra en revanche être redevable de la TVA dès 85 000 €, ce qui change la présentation des prix mais pas le régime micro-BIC lui-même.
Le régime réel est-il parfois plus avantageux que le micro-BIC pour un dropshipper ?
Cela dépend du niveau réel des charges. Si les frais de plateforme, de publicité et les coûts d'achat dépassent 71 % du chiffre d'affaires, ce qui reste rare en dropshipping bien mené, le régime réel, avec déduction des charges réelles, peut devenir plus intéressant qu'un abattement forfaitaire.



