COGS e-commerce : comment calculer et comptabiliser le coût d’achat réel ?

En e-commerce, beaucoup de vendeurs pensent connaître leur marge. Pourtant, lorsqu’on creuse, une confusion revient presque systématiquement : le coût d’achat réel des produits est mal calculé, entraînant une marge surestimée, des décisions biaisées et une rentabilité plus fragile qu’elle n’y paraît.
Le COGS (Cost Of Goods Sold), ou coût des marchandises vendues, est l’un des piliers du pilotage e-commerce. Mal maîtrisé, il fausse tout : marge brute, seuil de rentabilité, CAC acceptable, politique de prix et trésorerie.
Voici comment calculer un COGS e-commerce fiable, ce qu’il doit réellement intégrer, et comment le traduire correctement en comptabilité.
Le COGS : une notion clé souvent mal comprise
Le COGS correspond au coût total supporté par l’entreprise pour vendre un produit, jusqu’à sa mise à disposition au client. Il ne s’agit pas uniquement du prix d’achat fournisseur.
En e-commerce, le COGS doit refléter le coût réel par produit vendu, pas une estimation approximative basée sur la facture fournisseur.
C’est précisément là que se situent les erreurs les plus fréquentes. Avant d’expliquer comment le calculer, il faut clarifier ce que le COGS ne doit pas inclure.
Le COGS n’intègre pas :
- Les dépenses marketing (Meta Ads, Google Ads, TikTok Ads…)
- Les frais fixes de structure (loyers, salaires, logiciels, expert-comptable)
- Les frais financiers
- Les impôts et taxes sur le résultat
Ces éléments relèvent du pilotage de la marge nette, pas du coût d’achat des produits.
Le COGS s’arrête à la chaîne produit, avant l’acquisition client.
Ce que doit réellement intégrer le calcul de votre COGS
Un COGS fiable va bien au-delà du simple prix fournisseur. Il doit intégrer tous les coûts directement nécessaires pour que le produit soit vendable.
Le coût d’achat fournisseur
C’est la base. Prix d’achat unitaire HT du produit, tel que facturé par le fournisseur ou le fabricant.
Dans le cas d’une production propre, on parle du coût de fabrication.
Les frais d’approche et d’importation
Très souvent oubliés, ils sont pourtant déterminants.
Il s’agit notamment :
- Des frais de transport amont (usine → entrepôt)
- Des droits de douane
- De la TVA à l’importation (si non récupérable immédiatement)
- Des frais de dédouanement
- Des assurances transport
Ces coûts doivent être répartis sur les unités importées, et non passés en charges globales sans lien avec les produits.
Le packaging et les consommables
Boîtes, cartons, sachets, protections, notices, étiquettes… Tout ce qui est nécessaire pour livrer le produit au client fait partie du COGS.
Même si le coût unitaire semble faible, son impact devient significatif à volume.
La préparation de commande
Si vous externalisez la logistique, la préparation est souvent facturée par commande ou par article.
Ces frais doivent être intégrés au COGS, car ils sont directement liés à la vente du produit.
Les coûts logistiques variables
Certains coûts logistiques sont fixes, d’autres variables.
Dans le COGS, on retient uniquement :
- Les coûts d’expédition variables
- Les surcoûts liés au poids ou au volume
- Les frais spécifiques par zone géographique
L’objectif est d’obtenir un coût par produit vendu, pas une moyenne floue.
Les retours et pertes produits
En e-commerce, les retours sont structurels.
Un COGS réaliste doit intégrer :
- Le taux moyen de retours
- Le coût logistique des retours
- Les pertes produits non revendables
- Les reconditionnements éventuels
Ne pas intégrer les retours revient à surévaluer mécaniquement la marge.
Quelle formule de calcul pour un COGS fiable ?
La bonne approche consiste à raisonner par produit, puis à consolider.
Étape 1 : calculer le coût unitaire complet
Pour chaque produit :
- Prix d’achat fournisseur
- Frais d’approche répartis
- Packaging
- Préparation de la commande
- Expédition variable moyenne
- Coût moyen des retours
On obtient un coût d’achat réel par unité vendue.
Étape 2 : ajuster selon les volumes et les canaux
Le COGS peut varier :
- Selon le pays de livraison
- Selon le canal (site, marketplace, retail)
- Selon le transporteur
- Selon le panier moyen
Dans un modèle avancé, on travaille avec un COGS moyen pondéré, plutôt qu’un chiffre unique figé.
Étape 3 : confronter le COGS à la réalité comptable
Le COGS n’est pas qu’un outil de pilotage. Il doit être cohérent avec les écritures comptables : stock, variations, charges logistiques et pertes.
C’est là que le lien entre gestion et comptabilité devient essentiel.
Comment comptabiliser le COGS côté comptabilité ?
En comptabilité, le COGS se traduit principalement par :
- Les sorties de stock
- Les variations de stock
- Les charges directement liées aux produits vendus
Une comptabilité e-commerce bien structurée permet :
- D’identifier le coût des marchandises vendues sur une période
- De rattacher les coûts au bon exercice
- D’éviter les effets trompeurs liés aux achats stockés mais non vendus
Sans ce travail, la marge affichée au compte de résultat peut être très éloignée de la réalité économique. Un COGS approximatif entraîne des conséquences en cascade :
- Prix de vente mal calibrés
- Promotions destructrices de marge
- CAC jugé acceptable à tort
- Seuil de rentabilité sous-estimé
- Trésorerie sous tension malgré des ventes en hausse
C’est l’une des raisons pour lesquelles certaines boutiques en ligne affichent une forte croissance tout en restant structurellement fragiles.
Ce que vous devez obtenir avec un COGS fiable
Un COGS fiable permet enfin de travailler correctement :
- La marge brute réelle
- La contribution par commande
- La rentabilité par produit
- La comparaison des canaux
- Les arbitrages marketing et logistiques
C’est une base de décision, pas un simple indicateur comptable.
Calculer et suivre votre COGS avec Excilio
Sur le papier, le calcul du COGS semble simple. Dans la réalité e-commerce, il nécessite :
- Une bonne lecture des flux fournisseurs
- Une ventilation correcte des coûts logistiques
- Une prise en compte des retours
- Une comptabilité structurée autour du stock
- Une cohérence entre pilotage et obligations comptables
Chez Excilio, nous aidons les e-commerçants à reconstruire leur coût d’achat réel, produit par produit, puis à l’intégrer dans une comptabilité fiable et exploitable. L’objectif n’est pas de produire un chiffre théorique, mais un COGS actionnable, utilisable pour piloter la marge, les prix et la croissance.
Si vous avez un doute sur votre COGS actuel, ou si vous souhaitez le recalculer proprement à partir de vos flux réels, un échange permet souvent d’y voir clair très rapidement. Parlons-en !



