Dividendes en SASU : comment ça marche en 2026 ?

La SASU est appréciée pour sa souplesse, notamment en matière de rémunération du dirigeant. Contrairement à une EURL, moins permissive sur ce terrain, le président d'une SASU peut choisir entre percevoir un salaire ou se verser des dividendes issus des bénéfices de l'entreprise, voire combiner les deux.
Avant d'envisager de se verser des dividendes, il faut en comprendre les mécanismes : leur fiscalité, qui a changé depuis le 1er janvier 2026, leur optimisation, et le cadre dans lequel ils constituent une stratégie pertinente pour votre SASU. Un guide signé Excilio, l'expert-comptable spécialiste des SASU.
Qu'est-ce qu'un dividende ?
Un dividende est une part des bénéfices réalisés par la SASU, distribuée sur décision à l'associé unique. Contrairement à un salaire, il ne rémunère pas un travail effectué mais constitue la contrepartie du capital investi dans l'entreprise. Il ne faut pas confondre les deux logiques : le salaire rémunère une activité, le dividende récompense un risque pris.
Les dividendes ne sont pas garantis : ils ne peuvent être versés que si la SASU réalise un bénéfice distribuable, et après approbation des comptes lors de l'assemblée générale annuelle, présidée par l'associé unique, ce qui simplifie la prise de décision.
Quelles différences entre salaire et dividende ?
La différence tient d'abord à la nature du versement. Le salaire rémunère un travail : il est soumis à environ 80 % de cotisations sociales sur le net versé, imposé au barème progressif de l'impôt sur le revenu dans la catégorie des traitements et salaires, mais il est déductible du résultat de la société et ouvre des droits à la retraite et à la protection sociale. Il peut être versé chaque mois, sans condition de résultat.
Le dividende rémunère le capital investi. Il échappe aux cotisations sociales classiques et n'est taxé qu'à la flat tax de 31,4 %, ou sur option au barème progressif avec un abattement de 40 %. En contrepartie, il n'est pas déductible du résultat de la SASU, n'ouvre aucun droit social, et ne peut être versé qu'une fois par an, une fois le bénéfice distribuable constaté et validé en assemblée générale.
Peut-on se verser des dividendes en SASU à l'IR ou à l'IS ?
Le versement de dividendes dépend directement du régime fiscal choisi. C'est un outil d'optimisation possible en SASU à l'IS, mais impossible en SASU à l'IR.
Une SASU soumise à l'impôt sur les sociétés peut distribuer des dividendes après paiement de l'impôt sur les bénéfices, sur décision de l'assemblée générale annuelle.
Une SASU à l'impôt sur le revenu ne peut en revanche pas verser de dividendes : les bénéfices sont déjà imposés directement au nom du dirigeant, sans passer par l'IS.
Comment sont fiscalisés les dividendes en SASU en 2026 ?
Deux options coexistent pour l'imposition des dividendes : la flat tax, ou l'option pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu.
La flat tax à 31,4 % (régime par défaut)
Depuis le 1er janvier 2026, la flat tax (ou prélèvement forfaitaire unique) est passée de 30 % à 31,4 %, sous l'effet de la hausse de la CSG sur les revenus du capital, qui est passée de 9,2 % à 10,6 % dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Elle se décompose désormais ainsi :
- 12,8 % d'impôt sur le revenu, inchangé ;
- 18,6 % de prélèvements sociaux, contre 17,2 % auparavant.
Concrètement, pour 10 000 € de dividendes versés en 2026, l'impôt total s'élève à 3 140 €, et le dirigeant perçoit 6 860 € nets, contre 7 000 € nets avant la réforme.
Option pour le barème progressif de l'IR
Le barème progressif reste une option ouverte chaque année (case 2OP de la déclaration), pour l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers et plus-values. Il permet de bénéficier d'un abattement de 40 % sur le montant des dividendes avant imposition, en contrepartie du maintien des prélèvements sociaux à 18,6 % sans abattement.
Cette option reste surtout pertinente pour un dirigeant dont la tranche marginale d'imposition est faible, typiquement 0 % ou 11 %. Au-delà d'une TMI de 30 %, la flat tax redevient quasi systématiquement plus avantageuse, et l'écart s'est même creusé avec la hausse de 2026 pour les profils à faible TMI qui n'ont pas opté pour le barème.
Exemples chiffrés de versement de dividendes en 2026
Prenons deux exemples pour illustrer la mécanique, avec les taux actualisés.
SASU avec 60 000 € de chiffre d'affaires
- Charges de fonctionnement (dont salaire) : 20 000 €
- Bénéfice net après IS : 34 375 €
- Dividendes versés : 20 000 €
- Impôt (flat tax 31,4 %) : 6 280 €
- Revenu net perçu : 13 720 €
SASU avec 120 000 € de chiffre d'affaires
- Charges de fonctionnement (dont salaire) : 40 000 €
- Bénéfice net après IS : 59 375 €
- Dividendes versés : 30 000 €
- Impôt (flat tax 31,4 %) : 9 420 €
- Revenu net perçu : 20 580 €
Ces chiffres restent volontairement arrondis : bien d'autres paramètres entrent en jeu dans un calcul réel, notamment le taux d'IS applicable et les charges effectives de la société.
Quand et comment se verser des dividendes en SASU ?
Pour être versés, les dividendes doivent provenir d'un bénéfice distribuable et être validés lors de l'assemblée générale annuelle obligatoire de la SASU.
Il devient pertinent d'envisager un versement de dividendes dans plusieurs cas de figure : lorsque le salaire déjà versé suffit à valider ses trimestres de retraite et à cotiser correctement à la Sécurité sociale, lorsque la SASU dégage un bénéfice suffisant pour en conserver une partie en trésorerie ou la réinvestir au-delà de la distribution, ou lorsque l'optimisation fiscale à court terme prime sur la constitution de droits sociaux.
Quelle comptabilité pour les dividendes ?
C'est en général l'expert-comptable qui comptabilise le versement des dividendes, au même titre que l'ensemble des obligations comptables de la SASU. Le processus suit une procédure stricte :
- Constatation du bénéfice distribuable, à la clôture de l'exercice, sous la rubrique « Résultat de l'exercice ».
- Décision de distribution par l'assemblée générale annuelle.
- Enregistrement comptable : débit du compte 457 « Associé, dividendes à payer », crédit du compte 512 « Banque » au moment du paiement effectif.
- Enregistrement des prélèvements sociaux (18,6 % depuis 2026) et de l'impôt sur le revenu (12,8 %) sur les dividendes versés.
Faut-il privilégier le salaire ou le versement de dividendes ?
Il n'existe pas de réponse générique. L'optimisation via les dividendes permet souvent de réduire les cotisations sociales, élevées en SASU, et donc d'augmenter le revenu net perçu à court et moyen terme. Mais les dividendes ne permettent ni de cotiser pour la retraite ni d'améliorer la protection sociale du dirigeant : sur le long terme, une stratégie fondée uniquement sur les dividendes peut fragiliser la couverture sociale, sauf à compenser par des placements personnels.
L'objectif n'est pas d'opposer salaire et dividendes, mais de trouver le bon équilibre entre les deux, recalculé chaque année selon la situation de la SASU et du dirigeant.
Ce qui change en 2026
La hausse de la flat tax, de 30 % à 31,4 %, est l'évolution la plus structurante pour les dirigeants de SASU cette année. Elle résulte du relèvement de la CSG sur les revenus du capital dans le cadre de la LFSS 2026, et s'applique à tous les dividendes perçus à compter du 1er janvier 2026 (les dividendes perçus en 2025 et déclarés en 2026 restent soumis à l'ancien taux de 30 %).
Cette hausse ne change pas l'arbitrage de fond : les dividendes restent nettement moins chargés qu'un salaire, avec 18,6 % de prélèvements sociaux contre environ 80 % de charges sur un euro de rémunération directe. Elle réduit en revanche légèrement l'avantage comparatif du dividende pour les dirigeants dont la trésorerie permet des distributions importantes, ce qui justifie de revérifier le calcul chaque début d'exercice plutôt que de reconduire une répartition salaire/dividendes fixée les années précédentes.
Optimiser les dividendes de votre SASU avec Excilio
Avant de fixer votre stratégie de rémunération entre salaire et dividendes, mieux vaut faire appel à un expert-comptable spécialiste de la SASU et de l'optimisation fiscale.
Chez Excilio, nous étudions votre situation dans le détail pour vous proposer la stratégie de versement de dividendes la plus adaptée à vos objectifs. Contactez-nous pour en savoir plus.
FAQ
Peut-on se verser des dividendes tous les mois en SASU ?
Non. Les dividendes se décident en assemblée générale annuelle, après clôture et approbation des comptes. Un versement d'acomptes sur dividendes en cours d'exercice est possible sous conditions strictes, mais reste l'exception, pas la règle.
Les dividendes 2025 versés en 2026 sont-ils soumis à la nouvelle flat tax ?
Non. C'est la date de perception du dividende qui compte, pas l'exercice auquel il se rapporte. Un dividende perçu à compter du 1er janvier 2026 est soumis au taux de 31,4 %, quel que soit l'exercice comptable dont il est issu.
Le président non associé d'une SASU peut-il percevoir des dividendes ?
Non. En SASU, seul l'associé unique perçoit des dividendes. Un président qui n'est pas l'associé unique ne peut être rémunéré que par un salaire.
Faut-il choisir entre flat tax et barème progressif chaque année ?
Oui, c'est une option globale à reconsidérer à chaque déclaration de revenus, en fonction de la tranche marginale d'imposition du foyer sur l'année concernée.



