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Charges sociales et impôts en SASU : le guide complet 2026/2027

Charges sociales et impôts en SASU : le guide complet 2026/2027

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Sommaire

La SASU est la forme juridique la plus utilisée par les entrepreneurs digitaux, les e-commerçants, les freelances et les créateurs de contenu qui veulent structurer leur activité en société. Sa popularité tient en grande partie à sa flexibilité fiscale : un président de SASU peut ne pas se verser de salaire (et donc ne payer aucune charge sociale), combiner salaire et dividendes pour optimiser sa rémunération nette, et conserver les bénéfices dans la société à un taux d'IS avantageux.

Mais cette flexibilité a un coût : les charges sociales d'un président assimilé salarié qui se verse un salaire sont parmi les plus élevées du paysage entrepreneurial français. Comprendre précisément comment fonctionnent les charges sociales, l'IS, la TVA et les dividendes en SASU est indispensable pour ne pas subir sa fiscalité mais la piloter.

Le régime fiscal de la SASU : l'IS par défaut

La SASU est soumise à l'Impôt sur les Sociétés (IS) par défaut. Les bénéfices réalisés par la société sont imposés à l'IS avant toute distribution au dirigeant.

Les taux d'IS applicables en 2026 : 15% sur les premiers 42 500 euros de bénéfice net, 25% au-delà.

Pour bénéficier du taux réduit de 15%, votre SASU doit remplir trois conditions : CA inférieur à 10 millions d'euros, capital entièrement libéré, et capital détenu à au moins 75% par des personnes physiques.

Un exemple concret : votre SASU génère 100 000 euros de CA, avec 35 000 euros de charges déductibles (salaire brut du président inclus, frais professionnels, comptabilité). Le bénéfice imposable est de 65 000 euros. L'IS est de 42 500 × 15% + 22 500 × 25% = 6 375 + 5 625 = 12 000 euros. Il reste 53 000 euros de bénéfice net après IS, disponible pour être distribué en dividendes ou mis en réserves.

L'option pour l'IR : une opportunité limitée dans le temps

Une SASU peut opter pour l'imposition à l'IR pendant les 5 premiers exercices, sous conditions (société de moins de 5 ans, moins de 50 salariés, moins de 10 millions d'euros de CA, capital détenu à 50% minimum par des personnes physiques dont 34% minimum par le dirigeant).

À l'IR, les bénéfices sont imposés dans la déclaration personnelle du dirigeant au barème progressif. Cette option est intéressante uniquement si le foyer fiscal a un taux marginal faible (tranche à 11% ou non imposable). Dès que le bénéfice dépasse quelques dizaines de milliers d'euros avec un foyer correctement rémunéré par ailleurs, l'IS redevient plus avantageux.

Le statut assimilé salarié du président : ce que ça implique

Le président de SASU a le statut d'assimilé salarié. Il est affilié au régime général de la Sécurité Sociale, comme un salarié classique, mais sans cotiser à l'assurance chômage. Cette nuance est fondamentale : si vous cessez votre activité en SASU, vous n'aurez pas droit aux allocations chômage au titre de votre mandat de président.

Les charges sociales sur le salaire : le calcul réel

Les charges sociales d'un président assimilé salarié se décomposent en charges salariales (prélevées sur le salaire brut avant versement au dirigeant) et en charges patronales (à la charge de la société, en plus du salaire brut).

Pour un salaire net de 3 000 euros mensuels, voici la décomposition approximative.

Salaire net : 3 000 euros. Charges salariales (environ 22 à 25% du brut) : environ 800 euros. Salaire brut : environ 3 800 euros. Charges patronales (environ 40 à 45% du brut) : environ 1 600 euros. Coût total pour la SASU : environ 5 400 euros par mois, soit 64 800 euros annuels.

La règle empirique souvent citée est que le coût total pour la SASU représente environ 1,75 à 1,82 fois le salaire net versé au dirigeant. Pour 24 000 euros de salaire net annuel, la SASU débourse environ 43 000 à 44 000 euros en charges sociales et salaire brut.

Ce qui change si vous ne vous versez pas de salaire

La grande flexibilité de la SASU par rapport à l'EURL est qu'en l'absence de rémunération, aucune charge sociale n'est due. Un président de SASU qui ne se verse pas de salaire ne cotise ni pour sa retraite ni pour sa protection sociale, mais il n'a pas non plus de cotisations minimales obligatoires comme un gérant TNS d'EURL.

Cette option est utilisée dans deux cas : au démarrage, quand les revenus de la SASU sont insuffisants pour justifier une rémunération, et dans une stratégie de capitalisation de la société, quand le dirigeant a d'autres revenus par ailleurs et préfère laisser les bénéfices dans la SASU pour les faire travailler à l'IS réduit.

La TVA en SASU en 2026/2027

Les seuils de franchise en base de TVA applicables en 2026 sont de 37 500 euros pour les activités de prestations de services et 85 000 euros pour les activités commerciales de vente de marchandises.

Sous ces seuils, votre SASU est en franchise de base : elle ne facture pas la TVA à ses clients mais ne peut pas non plus récupérer la TVA sur ses achats. Au-delà, votre SASU est assujettie à la TVA selon le régime réel simplifié ou le régime réel normal selon les volumes.

Pourquoi l'assujettissement à la TVA peut être une opportunité

Contrairement à l'idée reçue que la TVA est une contrainte, l'assujettissement permet à votre SASU de récupérer la TVA sur l'intégralité de ses achats professionnels. Pour une SASU qui a des achats importants (matériel informatique, abonnements SaaS, frais de déplacement, prestations externes), la TVA récupérée améliore significativement la trésorerie.

Pour une SASU e-commerçant qui achète 60 000 euros HT de marchandises auprès de fournisseurs français, la TVA récupérée sur ces achats est de 12 000 euros. Ces 12 000 euros ne coûtent rien à votre SASU : vous les avancez quand vous achetez, vous les récupérez quand vous déclarez.

Pour les abonnements SaaS étrangers (Shopify en Irlande, Stripe en Irlande, Meta Ads aux États-Unis, Google Workspace en Irlande), votre SASU doit déclarer la TVA par autoliquidation : elle déclare la TVA en collectée et en déductible simultanément, opération neutre financièrement mais obligatoire dans vos déclarations mensuelles.

Les dividendes en SASU : le levier d'optimisation central

C'est la principale différence fiscale entre la SASU et l'EURL. En SASU, les dividendes versés à l'associé unique sont soumis au PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique) de 30% (12,8% d'IR + 17,2% de prélèvements sociaux), sans cotisations sociales supplémentaires.

Pour verser des dividendes, votre SASU doit avoir dégagé un bénéfice distribuable : le bénéfice net après IS des exercices précédents ou de l'exercice en cours. Vous ne pouvez pas distribuer plus que le bénéfice disponible.

Un exemple chiffré pour illustrer l'avantage des dividendes en SASU : votre SASU a dégagé 50 000 euros de bénéfice net après IS. Vous décidez d'en distribuer 30 000 euros en dividendes. L'impôt dû est de 30 000 × 30% = 9 000 euros. Vous recevez 21 000 euros nets. Le taux d'imposition effectif global sur ces 30 000 euros (en comptant l'IS qui a déjà été payé sur le bénéfice) est de 15% d'IS + 30% de flat tax sur le net = une charge totale d'environ 37 à 38% selon la tranche d'IS.

L'option pour le barème progressif

Vous pouvez opter pour le barème progressif à la place du PFU si votre tranche marginale d'IR est inférieure à 12,8%. Cette option est globale (elle s'applique à tous vos revenus de capitaux mobiliers) et avantageuse uniquement pour les foyers faiblement imposés.

Les stratégies d'optimisation en SASU : les approches concrètes

Maintenir le bénéfice sous 42 500 euros pour rester au taux d'IS à 15%

Si votre bénéfice avant IS dépasse 42 500 euros, la fraction supplémentaire est taxée à 25%. Une stratégie classique pour rester dans la tranche à 15% est d'augmenter temporairement votre salaire en fin d'exercice pour ramener le bénéfice sous ce seuil. L'économie fiscale est de 10 points d'IS sur chaque euro conservé sous le seuil (15% vs 25%).

Cette stratégie doit être dosée : augmenter votre salaire augmente aussi vos charges sociales (environ 0,82 euro de charges pour 1 euro de salaire net supplémentaire). Le calcul précis de l'arbitrage est un exercice que nous réalisons avec chaque client en fin d'exercice.

L'arbitrage salaire / dividendes selon votre niveau de CA

La combinaison optimale entre salaire et dividendes dépend de plusieurs variables : votre niveau de bénéfice, votre besoin de protection sociale, votre situation fiscale personnelle et votre horizon patrimonial.

Pour un dirigeant dont la SASU dégage 80 000 euros de bénéfice avant rémunération, voici deux scénarios indicatifs.

Scénario 1 (protection sociale prioritaire) : salaire brut de 36 000 euros (net d'environ 27 000 euros, charges patronales de 14 400 euros). Bénéfice résiduel avant IS : 80 000 - 36 000 - 14 400 = 29 600 euros. IS à 15% : 4 440 euros. Bénéfice net après IS : 25 160 euros en réserves ou distribuables l'année suivante.

Scénario 2 (rémunération nette maximisée) : salaire minimal de 18 000 euros bruts (environ 13 000 euros nets). Bénéfice résiduel avant IS : 80 000 - 18 000 - 7 200 = 54 800 euros. IS : 42 500 × 15% + 12 300 × 25% = 6 375 + 3 075 = 9 450 euros. Bénéfice net après IS : 45 350 euros. Distribution de 30 000 euros en dividendes : 21 000 euros nets après PFU. Rémunération totale nette : 13 000 + 21 000 = 34 000 euros nets.

Ces deux scénarios ne sont pas comparables directement sans intégrer la situation personnelle, la protection sociale souhaitée et les projets d'investissement patrimoniaux.

Les charges déductibles pour réduire la base d'IS

Toutes les dépenses engagées dans l'intérêt de la société sont déductibles du résultat imposable à l'IS. Pour les entrepreneurs du digital, les principales catégories incluent les abonnements aux outils SaaS professionnels (Shopify, Pennylane, outils marketing, plateformes publicitaires), le matériel informatique (ordinateurs, écrans, équipements), les frais de formation professionnelle, les frais de déplacement et de représentation justifiés, les frais de home office (quote-part du loyer et des charges si vous travaillez depuis votre domicile, selon un ratio surface professionnelle / surface totale), et les cotisations à des organisations professionnelles.

Les frais de mutuelle et de prévoyance pris en charge par la SASU sont également déductibles, tout en constituant un avantage en nature pour le dirigeant soumis à cotisations sociales dans certains cas.

Le PER pour réduire l'IR personnel

Si votre salaire de président génère un IR significatif, les versements sur un Plan d'Épargne Retraite (PER) individuel sont déductibles dans la limite de 10% de votre rémunération brute (dans la limite de 8 PASS). Pour un salaire brut de 40 000 euros, vous pouvez déduire jusqu'à 4 000 euros de versements PER de votre revenu imposable. Cette déduction réduit votre IR personnel de la même année.

Excilio accompagne les présidents de SASU sur la structuration de leur rémunération, le calcul de l'arbitrage salaire/dividendes optimal selon leur situation et l'optimisation de leur IS en fin d'exercice. Nous travaillons avec les e-commerçants, les freelances, les créateurs de contenu et les agences digitales en SASU.

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